Soutenance de thèse de Madame Marisa SANTA

Le Bureau des Études Doctorales

a le plaisir de vous informer que

Madame Marisa SANTA

doctorante au laboratoire BABEL - EA 2649

rattachée à l’école doctorale 509 « Sociétés méditerranéennes et sciences humaines »,
sous la direction de Madame Laure LEVEQUE, professeure des universités à l’université de Toulon,

soutiendra publiquement sa thèse en vue de l’obtention du doctorat « langues et littératures françaises » sur le thème suivant :

« Construction de l’identité individuelle : jeux d’entente et de concurrence entre l’état civil et La Comédie humaine d’Honoré de Balzac »

lundi 16 décembre 2019 à 14h00 à l’université de Toulon, faculté de droit, salle du Conseil au 3ème étage.

devant un jury composé de :

Madame Christine Baron, professeure des universités à l’Université de Poitiers, rapporteur,
Madame Catherine Mariette, professeure des universités à l’Université Grenoble Alpes, rapporteur,
Monsieur Laurent Reverso, professeur des universités à l’Université de Toulon, suffragant,
Monsieur Alexis Le Quinio, Maître de conférences HDR à l’Institut des Sciences politiques de l’Université Lyon III Jean Moulin, suffragant,
Madame Laure Lévêque, professeure des universités à l’Université de Toulon, directrice de thèse,
Monsieur Thierry Santolini, maître de conférences à l’Université de Toulon, co-encadrant de la thèse.

Résumé :

Certaines histoires font froid dans le dos. Un vieil homme apparaît dans l’étude d’un avoué pour réclamer l’identité d’une gloire de l’Empire de Napoléon Bonaparte : le colonel Chabert. Or, celui-ci est mort ; les vivants le disent sur la foi de l’état civil qui le dit sur la foi de témoins. A ces vérités, le vieux monsieur oppose le réel de sa vie et fait vaciller l’évidence. Dans le silence de la nuit, le récit de ce revenant fait apparaître les faibles contours de l’image du glorieux colonel. Il demande à être reconnu, cet homme qui va apprendre qu’une identité ne se réclame pas, elle se construit. Il avait pourtant bien commencé, amenant son corps mutilé et, avec lui, le récit ; il aurait pu continuer en acceptant la seule voie possible pour décrocher le Colonel Chabert du tableau des morts illustres : la transaction. Etre Chabert mais abandonner certains éléments de sa trajectoire. L’identité du vieux monsieur ne nous est donnée ni par le roman qui l’a créé ni par le droit qui a tué Chabert parce que le droit et la littérature proposent des solutions pour construire une vérité qui ne sera toujours qu’incertaine. L’identité d’un individu ne se situe pas ailleurs que dans les récits d’une culture, et le jeu consiste à s’ajuster sans cesse dans la rencontre entre tous les discours qui désignent. L’un d’eux est celui du droit, il pose les critères qui font exister et qui individualisent. Le droit et La Comédie humaine de Balzac se rejoignent alors en un point qui les confond pour raconter ces histoires saisissantes où l’identité se joue entre les deux, faisant ainsi du droit et de la littérature des domaines propices au regard de l’anthropologue

Abstract :

Construction of individual identity : where civil status and Honoré de Balzac’s « Human Comedy » play each other in a game of alternating agreement and competition

Some stories send a chill down one’s spine ! An old man appears at an attorney’s office claiming the identity of glory of Napoleon Bonaparte’s Empire : the colonel Chabert. However, Chabert is dead ; the living declared his death after the register of vital statistics based, in turn, on testimonies. With his claim, the old man opposes acknowledged truth and his own reality, throwing doubt upon evident facts. In the silence of the night, the faint contours of the glorious colonel emerge from the story narrated by this ghost asking for recognition but he will learn that identity is not something that springs up upon demand but must be built up. Yet he made a good start by bringing in his mutilated body and his story. He could have followed the only possible way of taking Chabert off the list of the glorious dead by accepting a settlement where he could continue being the colonel provided he erases parts of his history. The old man’s identity is given neither by the novel which created him nor by law, that law responsible for his death, as the only answers to be found in both law and literature are acknowledged facts which always remain questionable. An individual’s identity is embedded in the story of a culture and the game consists in always making adjustments within the meeting point of all designating discourses. One of these is that of law : it sets the criteria allowing existence itself and from which individualization can occur. So we can say law and Balzac’s « Human Comedy » merge together into a common space where the very construction of identity is like a pawn being played between the two of them, thus putting law and literature in a context favorable for study by an anthropologist.