Soutenance de thèse de Monsieur Aly KEMESSO

Le Bureau des Études Doctorales

a le plaisir de vous informer que

Monsieur Aly KEMESSO

doctorant au laboratoire CERC – Centre d’Etudes et de Recherche sur les Contentieux – EA 3164,

rattaché à l’école doctorale 509 « Sociétés méditerranéennes et sciences humaines »

sous la direction de Monsieur Pascal RICHARD, maître de conférences-HDR à l’université de Toulon

soutiendra publiquement sa thèse en vue de l’obtention du doctorat Sciences juridiques, sur le thème suivant :

« La décentralisation au prisme de l’identité locale. Étude à partir de la rébellion Touareg au Mali »

Le vendredi 21 décembre 2018 à 14h00 à l’université de Toulon, Faculté de droit, salle du Conseil,

devant un jury composé de :

Monsieur Jean Claude ACQUAVIVA, maître de conférences-HDR à l’Université de Corse, rapporteur,
Monsieur Bakary CAMARA, professeur titulaire, doyen de la faculté de droit public à l’Université de Bamako au Mali, rapporteur,
Madame Teresa FREIXES, professeur à l’Université Autonome de Barcelone, suffragante,
Monsieur Georges, SAAD, professeur à l’Université Libanaise de Beyrouth, suffragant,
Monsieur Pascal RICHARD, maître de Conférences-HDR à l’Université de Toulon.

Résumé :

Notre thèse aura pour objet d’appréhender la complexité du concept de décentralisation au regard de la construction de l’État au Mali. Pour mener cette analyse, nous adopterons la méthode dialectique. Celle-ci nous permettra de comprendre comment la décentralisation, entendue comme outil et modalité d’organisation territoriale, mobilise des « moments » de la formation de l’État qui apparaissent comme nécessairement réciproques et peuvent faire l’objet d’un double emploi entre l’unité et le pluralisme. Cet outil technique offre les moyens d’une instrumentalisation politique qui va former l’usage de la décentralisation au Mali ainsi que la possibilité d’une réflexivité des intérêts locaux dans la mise en œuvre de la décentralisation susceptible d’informer juridiquement cette pratique.
En ce sens, la décentralisation se développe, initialement, dans le cadre de l’État malien au sein d’un processus ou l’État se trouve - ou se rencontre lui-même – dans la négation des identités locales ; le prix qui sera à payer sera la perte irrémédiable de son identité « à soi ». Dans cette perspective dialectique, la première phase de la décentralisation exprime le passage de l’État « en soi » à l’État « pour soi » au Mali. Cette première phase va se caractériser par l’intégration de la décentralisation dans une « grammaire politique » [Première partie].
C’est cette dissonance initiale et inhérente à la constitution même de l’État qui implique la seconde phase d’instrumentalisation de la décentralisation au Mali. Cette dernière sera ainsi appréhendée non plus dans une perspective politique mais donnera lieu à une réappropriation juridique de la décentralisation qui devrait favoriser l’intégration de ces différences et des singularités territoriales dans l’État malien [Seconde partie].
C’est cette dialectique qu’exprime selon nous l’usage malien de la décentralisation et l’influence du problème Touareg qui va pousser ce système à ses limites : ce concept apparaissant comme un outil plastique devant évoluer au regard des conjonctures et permettant d’inscrire la continuité de l’État dans la durée.

Abstract :

Decentralization through the prism of local identity. Study from the Tuareg rebellion in Mali

Our thesis will aim to understand the complexity of the concept of decentralization with regard to the construction of the state in Mali. To carry out this analysis, we will adopt the dialectical method. This will enable us to understand how decentralization, understood as a tool and modality of territorial organization, mobilizes "moments" of the formation of the state which appear as necessarily reciprocal and can be the object of a double use between unity and pluralism. This technical tool offers the means for a political instrumentalisation that will form the use of decentralization in Mali as well as the possibility of a reflexivity of the local interests in the implementation of the decentralization likely to inform this practice legally.
In this sense, decentralization develops initially within the framework of the Malian state within a process in which the state finds itself - or meets itself - in the negation of local identities ; the price to be paid will be the irremediable loss of one’s own identity. In this dialectical perspective, the first phase of decentralization expresses the transition from the state "in itself" to the "for itself" state in Mali. This first phase will be characterized by the integration of decentralization into a "political grammar" [Part One].
It is this initial dissonance inherent in the very constitution of the state that implies the second phase of instrumentalization of decentralization in Mali. The latter will thus be apprehended no longer in a political perspective but will give rise to a legal reappropriation of decentralization that should promote the integration of these differences and territorial singularities in the Malian state [Part Two].
It is this dialectic that, in our opinion, is expressed by the Malian use of decentralization and the influence of the Tuareg problem that will push this system to its limits : this concept appears as a plastic tool that must evolve in the light of conjunctures and allows State continuity in the long term.