Soutenance de thèse de Safa KHEZAMI - Laboratoire I3M

Le Bureau des Études Doctorales a le plaisir de vous informer que

Madame Safa KHEZAMI

Doctorante au laboratoire i3M, Information, Milieux, Médias, Médiations – EA 3820, rattachée à l’école doctorale 509 « Civilisations et Sociétés euro-méditerranéennes et comparées », sous la direction de Monsieur Michel Durampart, Professeur des universités à l’Université de Toulon et Monsieur Ahmed Chabchoub, Professeur à l’Université de Tunis, soutiendra publiquement sa thèse en vue de l’obtention du doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, sur le thème suivant :

« Les institutions d’apprentissage à distance ; stratégies (politique, pédagogique et communicationnelle) et processus d’autorégulation d’apprentissage : le cas de l’université virtuelle de Tunis »,

le vendredi 02 décembre 2016 à 16h00 à l’Université de Toulon, Campus Porte d’Italie, Bâtiment BAOU, salle BA 710,

devant un jury composé de :

  • Monsieur Alain KIYINDOU, Professeur des universités à l’Université de Bordeaux-Montaigne, rapporteur,
  • Monsieur Imad SALEH, Professeur des universités à l’Université Paris 8, rapporteur,
  • Monsieur Didier COURBET, Professeur des universités à l’Université Aix-Marseille,
  • Monsieur Ahmed CHABCHOUB, Professeur à l’Université de Tunis,
  • Monsieur Michel DURAMPART, Professeur des universités à l’Université de Toulon.

Résumé :

Le passage de l’oralité à l’écrit et de l’indifférence à l’égard des outils de communication de savoir à leur intégration dans un projet éducatif a pris des siècles et il est passé par plusieurs épisodes. Malgré les différences qu’on peut constater quant aux rythmes et aux modalités de cette transformation pédagogique et communicationnelle entre l’Europe et le monde arabe, cette évolution de la réflexion sur les outils et médias éducatifs a fortement influencé la façon avec laquelle ces populations appréhendent aujourd’hui ces techniques de plus en plus numériques.

En France, depuis des décennies, les plans numériques pour l’éducation se succèdent. En Tunisie, après la création en 2002 de l’université virtuelle de Tunis (UVT), on parle actuellement de l’intégration de tablettes numériques dans l’école publique. En dépit des différences que présentent ces deux pays quant aux contextes politiques, économiques, sociaux et culturels, nous avons noté des similitudes stratégiques qui caractérisent leurs démarches respectives pour le numérique éducatif. Nous pouvons remarquer, entre autres, une similitude dans l’installation volontariste des techniques pour apprendre accompagnée de discours annonçant plus de facilités, plus de fiabilité et plus de réussite.

Dans le cadre de notre recherche, nous nous intéressons à la question de l’enseignement-apprentissage à distance, et aux outils éducatifs mis en œuvre pour ce faire. Nous ne prétendons pas faire une comparaison binaire entre un modèle d’utilisation des technologies dans le cadre de l’apprentissage qui serait français et un autre qui serait tunisien. Nous mettons en revanche en perspectives les deux expériences tout en insistant sur la démarche tunisienne.

L’enseignement/apprentissage à distance est une situation de communication particulièrement délicate, d’une part par son inscription dans cette logique de contextes sociaux et économiques, mais aussi par l’éclatement de la notion de l’espace qui renforce le sentiment de l’isolement chez l’apprenant. Pour surmonter ce sentiment d’isolement et réussir son apprentissage à distance, plusieurs chercheurs proposent un processus d’autorégulation de l’apprentissage. Bien qu’il soit centré sur l’activité de l’apprenant lui-même, ce processus insiste sur l’importance de l’intervention des autres usagers du système éducatif (institution et corps pédagogique).

Par notre recherche, nous avons voulu interroger cette question d’autorégulation de l’apprentissage dans le contexte tunisien de l’université virtuelle de Tunis. Nous avons alors cherché à comprendre le comportement autorégulé des apprenants tunisiens à la lumière du dispositif (humain et technique) de l’institution. Pour soulever ces questions nous avons opté pour une méthodologie multiple qui réunit observation participante, observation cachée, questionnaire, protocole géode et analyse de contenu.

Cette recherche a abouti à trois résultats majeurs : la création de l’UVT est un projet avant tout politique destiné à véhiculer une image moderne de la Tunisie. En effet, à part l’expérience de l’institut supérieur de la formation continue crée en 1984, aucune réflexion autour d’une pédagogie adaptée à l’enseignement-apprentissage à distance dans le terrain tunisien n’a été entamée surtout que le dispositif UVT est basé sur les technologies numériques. De ce fait, le comportement autorégulé des apprenants oscille, selon le degré de contrôle pédagogique qu’exerce le dispositif UVT sur leur apprentissage, entre adaptation aux conditions formelles et création de conditions informelles contournant ainsi le dispositif de l’institution.

Abstract

The transition from spoken (unwritten, said, told) to written and from the meaninglessness towards the communication tools and then to their integration in an educational project has taken centuries and has gone through several chapters. Despite the differences that can be perceived on the rhythms and modalities of this educational and communicational transformation between Europe and the Arab world, this evolution of thinking about educational tools and media has greatly influenced the way people apprehend these techniques. Especially considering that these techniques are more and more digital today.

In France, for decades, several digital plans for education have been implemented. In Tunisia, after the creation of the Virtual University of Tunis in 2002, a project about the integration of digital tablets in public schools had been announced. Despite the political, economic, social and cultural differences between these two countries, we noticed strategic similarities that characterize their respective digital educational approaches. We can note, among others, a similarity in the voluntary installation of educational techniques accompanied by speeches announcing easiness, more reliability and more success.

In the framework of our research, we focus on the issue of e-learning and the tools implemented for it. We are not doing a binary comparison between the way that technology in education is used in France and the way that technology in education is used in Tunisia. We, however, prospect both experiences while emphasizing the Tunisian approach.

E-learning is a particularly delicate communication situation, not only because it is influenced by social and economic factors, but also because of the bursting of the notion of space that exasperate the learners’ feeling of isolation. To overcome this feeling of isolation and for successful distance learning, several researchers propose a self-regulation process. While it is centered on the activity of the learner himself, this process insists on the importance of the intervention of all education system users.

Through our research, we wanted to ask the question of self-regulated learning in the Tunisian context represented by the Virtual University of Tunis (VUT). We then sought to understand the self-regulated behavior of Tunisian students (learners) in the light of the institute system. To raise these issues we opted for a methodology that combines observation, questionnaire, geode protocol and content analysis.

This research led to three major outcomes : the creation of the VUT is a political project intended to convey a modern image of Tunisia. Indeed, besides the experience of the Higher Institute of Continuing Education, established in 1984, no reflection on a pedagogy adapted to distance learning in Tunisia has been implemented especially that the VUT is based on digital technologies. Thus, the self-regulated learner behavior varies, according to the degree of control exerted by the VUT environment on their learning activities, between adaptation to the formal requirements and creating informal conditions.