Soutenance de thèse Madame Francoise NAVARRO LANTES

Le Bureau des Études Doctorales

a le plaisir de vous informer que

Madame Françoise NAVARRO LANTES

doctorante au laboratoire BABEL - EA 2649

rattachée à l’école doctorale 509 « Sociétés méditerranéennes et sciences humaines »,
sous la direction de Madame Martine SAGAERT, professeure émérite à l’université de Toulon,
soutiendra publiquement sa thèse en vue de l’obtention du doctorat « langues et littératures françaises » sur le thème suivant :

« DES MÈRES ET DES FILLES ‒ MATERNITÉ, HÉRITAGE ET ÉMANCIPATION
En particulier chez trois écrivaines d’origine méditerranéenne
JEANNE BENAMEUR, KAOUTAR HARCHI et CAROLE MARTINEZ
Dans trois romans contemporains
Laver les ombres (2008), À l’origine notre père obscur (2014), Le Coeur cousu (2007) »

le 29 septembre 2020 à 14h00 sur le campus de Toulon Porte d’Italie, 70 rue Roger Devoucoux, bâtiment BAOU, salle BA 710,

devant un jury composé de :

Madame Mounira CHATTI, professeure des universités à l’université de Bordeaux, rapporteur,

Monsieur Pierre MASSON, professeur émérite à l’université de Nantes, rapporteur,

Monsieur Jacques-Emmanuel BERNARD, professeur des universités à l’université de Toulon, suffragant,

Madame Martine SAGAERT, professeure émérite à l’université de Toulon, directrice de thèse.

Résumé :

L’analyse des différentes représentations maternelles en vigueur dans trois romans féminins spécifiques, Laver les ombres (Actes Sud, 2008), À l’origine notre père obscur (Actes Sud, 2014) et Le Cœur cousu (Gallimard, 2007), invite à se demander dans quelle mesure le langage et la création permettent aux femmes de se libérer des tutelles patriarcales et maternelles et de conquérir leur autonomie. En effet, les auteures, trois femmes d’origine méditerranéenne, Jeanne Benameur, Kaoutar Harchi et Carole Martinez, traduisent littérairement la question de la transmission maternelle, de l’héritage et de l’émancipation féminine.
Étudier les chemins de l’autonomie féminine, c’est mettre l’accent sur les notions de maternité (comme fondement de l’identité féminine), de filiation et de transmission, d’héritage, de construction identitaire féminine, d’émancipation et d’engagement et lier ces diverses notions en élargissant le propos par l’apport d’autres textes littéraires emblématiques de la littérature féminine contemporaine méditerranéenne. La transmission n’est pas seulement une passation de savoir-faire, de traditions et de coutumes, mais encore une histoire des origines, intime et collective, qui fonde les êtres.
Comme le dévoile le schéma narratif des œuvres, pour se construire, pour passer de l’état initial (faux-self) à l’état final (self), les filles vivent une crise majeure, qui entraîne remise en question de l’héritage et révolte. Dans cette quête émancipatoire qui débouche sur un nouveau féminin, où l’être est sujet de ses actes et de ses désirs, la création littéraire et artistique joue un rôle déterminant. Elle est le point de jonction entre héritage et émancipation. Cela se vérifie au sein des textes narratifs, par le biais des personnages en quête de liberté, et au niveau des écrivaines, à travers l’écriture et l’engagement de Jeanne Benameur, Kaoutar Harchi et Carole Martinez, auteures qui défendent des valeurs partagées par d’autres écrivaines méditerranéennes, tout en donnant, chacune, une forme littéraire spécifique à leur engagement. De manière parallèle, héroïnes et auteures engagent nécessairement une nouvelle manière d’être au monde.

Abstract :

MOTHERS AND DAUGHTER ‒ MATERNITY, LEGACY AND EMANCIPATION
In particular to
JEANNE BENAMEUR, KAOUTAR HARCHI and CAROLE MARTINEZ
In three women’s novels
Laver les ombres (Actes Sud, 2008), À l’origine notre père obscur (Actes Sud, 2014), Le Cœur cousu (Gallimard, 2007)

The analysis of the different ways in which mothers are representated in three women’s novels, Laver les ombres (Actes Sud, 2008), À l’origine notre père obscur (Actes Sud, 2014) and Le Cœur cousu (Gallimard, 2007), leads us to ask whether language and creation are helping women to free themselves from patriarchal and maternal guardianship, to become self-directed people.
Studying ways towards women’s liberation means stressing the ideas of maternity (as the basis of female’s condition), filiation and transfer, legacy, the construction of female identity, emancipation, commitment. It also means linking these ideas and comparing them with what we found in other important contemporary Mediterranean novels written by women. Transmission is not only passing on skills, traditions and customs, but also a story of the origins, personal and common, which constructs human beings.

The narrative frame in the studied novels shows that girls, to construct themselves (from a “false self” towards a “true self”), must experiment a major crisis, questioning legacy and revolt. Literary creation plays an important role in this emancipative quest, which leads to a new “women-being”, accountable of her actions and desires. It is the junction point between legacy and emancipation. We can find it in the studied narratives with characters looking for freedom, and with the writing and commitment of Jeanne Benameur, Kaoutar Harchi and Carole Martinez. These authors are defending values shared with other Mediterranean women writers. In spite of this, each one of them gives a specific shape to her commitment. In similar ways, authors and main characters are proposing a new way of being a part of the world.