Soutenance de thèse de Mme Najla KAMERGI

Le Bureau des Études Doctorales

a le plaisir de vous informer que

Madame Najla KAMERGI

doctorante au Laboratoire d’Economie Appliquée au Développement (LEAD - EA 3163)
rattachée à l’école doctorale 509 « Sociétés méditerranéennes et sciences humaines »,

sous la direction de Monsieur Nicolas PERIDY,
professeur des universités à l’université de Toulon et
Monsieur Gabriel Figueiredo De OLIVEIRA, maître de conférences, co-encadrant à l’université de Toulon

soutiendra publiquement sa thèse en vue de l’obtention
du doctorat « Sciences économiques », sur le thème suivant :

« Upstream and downstream agri-environmental regulations : cross-country differences, determinants and trade effects »,

Mercredi 06 octobre 2021 à 10h00 à l’université de Toulon, campus Porte d’Italie, bâtiment BAOU, pièce BA710

devant un jury composé de :

Madame Julie LE GALLO, Professeure des Universités, Agrosup Dijon Examinatrice
Monsieur Xavier PAUTREL, Professeur des Universités, Université d’Angers Rapporteur
Monsieur Fabrice MAZEROLLE, Professeur des Universités, Aix-Marseille Université Rapporteur
Madame Karine LATOUCHE, Directrice de Recherche HDR, INRAE Nantes Examinatrice
Madame Isabelle RABAUD, Maître de conférences HDR, Université d’Orléans Examinatrice
Monsieur Nicolas PERIDY,Professeur des universités,Directeur de thèse Université de Toulon
Monsieur Gabriel Figueiredo De OLIVEIRA Maître de conférences, Université de Toulon, Co-encadrant de thèse

Résumé

Cette thèse étudie la relation entre le commerce mondial agricole et les normes destinées à protéger l’environnement qui interviennent en amont et en aval des échanges. Notre travail est structuré autour de trois chapitres. Dans le premier, nous analysons les caractéristiques du réseau des mesures non tarifaires liées à l’environnement. Le deuxième chapitre mesure et examine les déterminants de l’efficacité agro-environnementale d’un large panel de 108 pays au cours de la période 2003-2013. Le dernier chapitre traite les effets commerciaux de la rigueur des politiques agro-environnementales ainsi que l’impact de l’hétérogénéité des réglementations sur les flux commerciaux bilatéraux. À cette fin, nous avons utilisé différentes approches non paramétriques et économétriques, notamment l’analyse des réseaux dans le premier chapitre, un modèle de frontière non paramétrique dans le deuxième chapitre et un modèle de gravité théoriquement justifié dans le chapitre trois.
Nos résultats indiquent que la croissance des exportations agricoles des pays du Sud a été propice à la montée des conflits commerciaux liés à l’environnement. Alors que les pays d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est s’affirment de plus en plus comme des fournisseurs majeurs pour de nombreuses régions, nos résultats révèlent une nouvelle relation conflictuelle liée à l’environnement, ciblant les pays en développement et émergents d’un côté et se répandant de plus en plus au sein des pays du Sud de l’autre. Les résultats montrent aussi que, globalement, le secteur agricole a enregistré une hausse des scores d’efficacité agro-environnementale. Toutefois, de fortes disparités sont constatées entre les pays. Nous constatons également que l’ouverture commerciale et la spécialisation dans les exportations agricoles entravent l’inefficacité, confirmant ainsi l’hypothèse des « gains environnementaux du commerce ». En outre, nous montrons que les mesures non tarifaires liées à l’environnement s’avèrent être des leviers pour améliorer la performance agro-environnementale des pays émergents, développés et à revenu intermédiaire, induisant ainsi un phénomène de « nivellement par le haut » dans leurs normes environnementales. Par ailleurs, nos résultats indiquent que la rigueur des réglementations environnementales réduit la capacité d’exporter du groupe des CAIRNS, confirmant ainsi l’hypothèse du « paradis des pollueurs ». En revanche, les politiques environnementales rigoureuses augmentent les exportations agricoles de l’Union Européenne et des États-Unis. Étonnamment, les exportateurs en voie de développement soutiennent également l’hypothèse de Porter, suggérant que des réglementations environnementales strictes peuvent renforcer leur capacité d’exportation. Enfin, nous concluons que l’hétérogénéité agro-environnementale entre les pays est plus déterminante pour la marge intensive des échanges agricoles que les accords commerciaux. Cependant, ses effets varient selon les groupes de revenus des pays exportateurs et importateurs.

Mots clés : Agriculture, produits végétaux, commerce international, analyse des réseaux, efficience, politiques agro-environnementales, modèle de gravité

Abstract

This thesis investigates the relationship between international agricultural trade and standards intended to protect the environment, considering both upstream and downstream measures. The work is structured around three chapters. In the first one, we analyze the network of environmentally-related non-tariff measures. Chapter 2 investigates the stringency and the determinants of agri-environmental regulations by measuring their efficiency in a large panel of 108 countries during the period 2003-2013. The last chapter examines the effects of agri-environmental regulations’ stringency and heterogeneity on the intensive margin of trade between 108 countries over the same period. To this end, we used non-parametric and econometric approaches. We employ the network analysis in the first chapter whereas we use a non-parametric frontier model and the double bootstrapped truncated regression in chapter two. In chapter three, we use a theoretically justified gravity model of trade.
Our findings indicate that trade growth of southern countries has been conducive to rising environmentally-related trade conflicts. While Latin American and Southeast Asian countries are increasingly asserting themselves as major suppliers for many regions of the world, our results reveal new environmentally-related conflictual relation targeting developing and emerging countries on one side and increasingly spreading within southern agro-producers on the other. Further results show that the sector of crops has witnessed globally an increasing trend in average agri-environmental efficiency. An intriguing finding is that agricultural trade openness and the specialization in crop commodities’ exports hamper the inefficiency, supporting therefore the “environmental gains-from-trade” hypothesis. In addition, our results show that environmentally-related NTMs turn out to be levers for enhancing the agri-environmental performance of exporters, especially in the BRICS and high as well as middle-income countries. Nonetheless, low income countries react differently and record a deteriorating agri-environmental performance due to environmentally-related NTMs. We also show that the stringency of environmental regulations turns out to be trade reducing in the CAIRNS group, supporting thereby the pollution haven hypothesis. By contrast, rigorous agri-environmental policies have a significant trade-enhancing effect on bilateral agricultural exports of the EU and the USA. Surprisingly, low and middle income countries support also the Porter hypothesis, suggesting that strict environmental regulations can enhance their competitive advantage against foreign rivals. Finally, we conclude that difference in exporter and importer environmental regulations is more relevant to agricultural trade than trade agreements. However, trade effects vary according to the income groups of exporting and importing countries.

Keywords : Agriculture, crops, trade, NTMs, network analysis, efficiency, agri-environmental regulation, gravity model