Soutenance de thèse de Monsieur Issiaka TOURE

Le Bureau des Études Doctorales

a le plaisir de vous informer que

Monsieur Issiaka TOURE

doctorant au laboratoire « Institut méditerranéen des Sciences de l’Information et de la Communication » (IMSIC) ,
rattaché à l’école doctorale 509 « sociétés méditerranéennes et sciences humaines »,
sous la direction de Monsieur Yann BERTACCHINI, maitre de conférences-HDR émérite à l’université de Toulon
soutiendra publiquement sa thèse en vue de l’obtention du doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, sur le thème suivant :

« Les radios communautaires locales au Mali, levier d’intelligence territoriale et vecteurs de concertation : études et recherche d’éléments d’un dispositif sociotechnique communicant »


Jeudi 10 décembre 2020 à 14h30 par visioconférence

dont le lien de connexion est accessible sur demande auprès du doctorant
(issiaka-toure etud.univ-tln.fr)
Le nombre de connexion sera limité

devant un jury composé de :

Monsieur Nicolas Moinet, professeur des universités à l’université de Poitiers, rapporteur,

Monsieur Bruno Raoul, professeur des universités à l’université de Lille, rapporteur,

Monsieur Paul Rasse, professeur des universités à l’université de Nice, suffragant,

Monsieur Yann Bertacchini, maitre de conférences-HDR émérite à l’université de Toulon, directeur de thèse.

Résumé

De 1968 jusque dans les années 1990, le Mali vivait sous un régime militaire dictatorial et monopartite. Celui-ci gouvernait sans état d’âme, aucune compassion pour son peuple, privé de droit d’accès à l’information et à la communication. L’Etat à lui seul monopolisait les affaires et décidait de tout en lieu et place des gouvernés sans que leur avis ne soit demandé. Ne disposant pas de modèle de développement propre à eux, les militaires reproduisaient les modèles venant d’ailleurs. Il s’agit du principe de développement par le haut, appelé top-down. Selon (Liotier, 2001), « on ne leurs a pas demandé d’innover à partir de leurs dynamiques internes et d’orienter le changement dans le sens de leurs systèmes de référence ».

Les décisions de l’Etat ne répondant plus aux attentes du peuple, cela avait mis dos à dos, créé un clivage entre les gouvernants et les gouvernés.
Des mouvements de contestation et de soulèvements populaires ont eu raison de ce pouvoir militaire dans les années 1990, ouvrant ainsi la voie à la démocratie et à la décentralisation. Le processus ainsi instauré a exigé la refondation de l’Etat et l’accès de tous à l’information. Il fut question d’entreprendre des réformes avec la création de communes urbaines et rurales.

Ces nouvelles communes ainsi créées, à qui l’Etat, a délégué une partie du pouvoir et de compétences devraient s’autogérer en mettant en avant le principe de « penser global, agir local » de (Dubos, 1972). Cela sous-entend que tout développement devrait partir de la base et respecter le concept de bottom-up.

Ce nouveau processus exigeait la concertation et la participation de tous les acteurs aux projets de développement initiés par la base et pour la base. De ce fait, l’implication des acteurs locaux de cultures différentes appelée capital formel par (Bertacchini, 2004) devient indispensable. Cette implication en des projets communs selon (Bertacchini, 2000) suppose l’échange de l’information, d’accorder du crédit à l’information reçue et d’établir des réseaux de transfert des connaissances. Le processus d’intelligence territorial qualifié de démarche d’information et de communication territoriales par (Bertacchini, 2004) s’inscrit dans cette posture.

La réussite de tels projets nécessite des moyens d’information et de communication à disposition. A ce sujet, les autorités du Mali se sont appuyées sur les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication pour y arriver. Parmi cette panoplie de canaux proposés, les communautés locales ont fait le choix des radios communautaires.

Notre démarche consiste dans un premier temps à étudier ce dispositif sociotechnique communicant. Puis, dans le second temps à comprendre son influence sur le développement des collectivités territoriales du Mali.

Abstract
Local community radios in Mali, lever of territorial intelligence and vectors of consultation : studies and research of elements of a communicating socio-technical device.

From 1968 until the 1990s, Mali lived under a dictatorial and one-party military regime. He governed without qualms, no compassion for his people, deprived of the right of access to information and communication. The state alone monopolized affairs and decided everything instead of the governed without their advice being asked. Having no endogenous development model of their own, the military reproduced models from elsewhere. This is the principle of development from above, called top-down. According to (Liotier, 2001), “they were not asked to innovate based on their internal dynamics and to orient change in the direction of their reference systems”.
The decisions of the State no longer meeting the expectations of the people, it had put back to back, created a cleavage between the rulers and the ruled.
Protest movements and popular uprisings got the better of this military power in the 1990s, thus paving the way for democracy and decentralization. The process thus established required the overhaul of the state and universal access to information. There was talk of undertaking reforms with the creation of urban and rural communes.
These new municipalities thus created, to which the State has delegated part of the power and competences should be self-managed by putting forward the principle of "think global, act local" (Dubos, 1972). This implies that any development should start from the bottom up and respect the concept of bottom-up.
This new process required the consultation and participation of all actors in development projects initiated by the grassroots and for the grassroots. As a result, the involvement of local actors from different cultures called formal capital by (Bertacchini, 2004) becomes essential. This involvement in joint projects according to (Bertacchini, 2000) supposes the exchange of information, giving credit to the information received and establishing knowledge transfer networks. The territorial intelligence process qualified as a territorial information and communication approach by (Bertacchini, 2004) is part of this posture.
The success of such projects requires information and communication resources available. In this regard, the authorities of Mali have relied on New Information and Communication Technologies to achieve this. Among this panoply of channels offered, local communities have chosen community radio stations.
Our approach consists first in studying this communicating socio-technical device. Then, in the second step to understand its influence on the development of local authorities in Mali.